Parlons Lean #7 – Efficacité Opérationnelle et Lean Construction

Rentrée 2021. Pour ce nouveau “Parlons Lean”, nous avons eu la chance de recueillir le témoignage d’Adeline Salmon, Responsable Efficacité Opérationnelle au sein du groupe Legendre. Les spécificités de son métier, son expérience en tant que conductrice de travaux, sa relation au Lean Construction : Adeline répond à toutes nos questions !

Peux-tu te présenter ?

Adeline SALMON. Ingénieure travaux de formation, je suis aujourd’hui Responsable Efficacité Opérationnelle pour le périmètre Bâtiment Grand Ouest du Groupe Legendre.

Quelles sont tes missions au sein du groupe Legendre ?

Elles sont multiples. De façon générale, je crée du lien entre les 4 agences du périmètre, en partageant les expériences d’un chantier à l’autre. Notre objectif est de faire monter les équipes en compétence et de proposer des outils qui leur permettent d’être plus efficients au quotidien avec l’objectif d’alléger leur charge de travail. Je suis également sollicitée pour représenter les équipes dans le cadre de projets transverses. Et je suis, avec la collaboration de LeanCo, la référente Lean pour certaines opérations en cours.

Comment as-tu découvert le Lean Construction ?

Je savais que le Lean existait dans l’industrie mais je ne savais pas que la démarche pouvait s’appliquer à la construction. En réalité, on en faisait d’une certaine façon quand j’étais conductrice mais sans savoir que c’était du Lean !

Tu as été conductrice de travaux. Aujourd’hui, quel regard portes-tu sur ce métier ?

Beaucoup de respect car c’est un métier difficile. Il faut réaliser les chantiers avec une grande exigence qualitative mais des délais de plus en plus courts, des budgets de plus en plus serrés et une main d’œuvre compliquée à trouver… Ça devient complexe pour les conducteurs de travaux de gérer tous ces paramètres sereinement. Mais les journées d’un conduc sont dynamiques et ne se ressemblent pas : c’est ce qui me plaisait quand j’exerçais ce métier. Et le jour de la réception, on est fiers de ce que l’on a bâti !

Tu te rends sur plusieurs chantiers dans l’ouest de la France. Comment les conducteurs de travaux s’approprient-ils la démarche Lean ? L’insufflent-ils aux corps d’état ?

À ce jour, on teste la Planification Collaborative sur des opérations où les conducteurs sont formés et convaincus de la démarche. Sur le chantier, ils sont libres de se l’approprier différemment : avec ou sans post-it, avec ou sans logiciel. En revanche, comme nous appliquons cette démarche sur des opérations en Entreprise Générale, nous demandons à nos sous-traitants une forte implication. C’est un ingrédient indispensable pour réussir.

J’envisage également de développer la démarche 5S sur nos chantiers en phase GO. On l’a déjà testée à Bordeaux et cela a conquis toute l’équipe.

Quels sont les freins rencontrés ? Observes-tu une résistance aux changements ?

C’est la partie compliquée de mon travail : la résistance au changement. Pas seulement pour le Lean ! Mais je m’attache à travailler avec les collaborateurs curieux et motivés pour tester de nouvelles méthodes de travail. Si cela fonctionne, ces personnes constituent un noyau qui permet de déployer le nouvel outil ou la nouvelle démarche dans un second temps.

Quelles sont les étapes indispensables pour pérenniser une démarche de planification collaborative ?

L’idéal, c’est de lancer la démarche le plus tôt possible, de façon à orienter les consultations pour désigner des entreprises convaincues et non réfractaires à la démarche.

Ensuite, toutes les parties prenantes (entreprise générale ou maitrise d’œuvre ainsi que les sous-traitants) doivent être formées au Lean et à la planification collaborative. À partir de là, le planning chemin de fer peut être monté en collaboration avec les sous-traitants. Il doit être validé par tous pour que cela fonctionne. Enfin, cela demande de s’impliquer chaque jour / chaque semaine pour faire vivre la démarche sur le chantier.

Quels sont les changements tangibles que tu as pu observer depuis que tu déploies le Lean Construction ?

Sur les chantiers où l’on teste la planification collaborative, on voit que la démarche permet de se poser les bonnes questions, en amont, et d’avoir des échanges constructifs entre les sous-traitants. L’objectif : résoudre les sujets avant qu’ils ne deviennent des problèmes.

On dit souvent que la numérisation peine à s’imposer dans le bâtiment. Qu’en penses-tu ? Quel regard portes-tu sur cette évolution ?

Chez Legendre, le service Data et Construction Numérique se consacre à ce sujet. C’est l’avenir ! Très concrètement, je pense que c’est plus facile à mettre en place avec des opérations de dimension importante qui permettent d’avoir le temps, le budget et l’équipe nécessaire pour concrétiser la transformation numérique.

En tant que Responsable efficacité opérationnelle, quel regard portes-tu sur une solution logicielle de planification collaborative ?

C’est idéal pour monter le planning en collaboration avec les sous-traitants. On crée d’abord un premier jet puis on le retravaille avec l’équipe. La solution logicielle développée par LeanCo permet d’observer en direct les conséquences que peuvent avoir les demandes de chacun sur le planning. Que se passe-t-il si on double les équipes du plaquiste ? Et si le chapiste souhaite couler tout le bâtiment d’un coup plutôt qu’au niveau ? Est-ce qu’on perd du temps si on lisse le flux du menuisier ? Tout le monde comprend facilement et on trouve des compromis pour avoir un planning optimisé et réaliste.

Cependant, je crois indispensable de garder la méthode papier (post-it) en complément pour dynamiser la réunion et assurer l’engagement de tous.

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