Q: En quoi consiste une démarche de planification collaborative ?

R : Cette démarche consiste à repenser la gestion et la coordination dans le secteur de la construction. Elle se veut à la fois participative et collaborative, intégrant les avis et besoins de l’ensemble des acteurs du chantier. La mise en place de cette démarche passe par le déploiement de nouveaux outils, qui vont vous permettre de simplifier vos processus de construction en matière d’organisation. De plus, des indicateurs seront mis en place dans le but d’avoir une réelle vision de l’avancement du chantier. Cette démarche qui se veut simple et efficace, se compose d’une formation et de quelques ateliers de travail en début de chantier, puis d’une réunion hebdomadaire de planification.

Q: Pourquoi la mettre en place ?

R : L’objectif final de cette démarche est d’accroître le niveau de performance global du chantier. Son principal atout réside dans le fait que vous n’aurez pas à fournir d’efforts supplémentaires pour y parvenir, à l’inverse vous serez mieux organisés et donc plus efficaces. Le planning sera recréé à partir des besoins et ressources de l’ensemble des participants. En plus d’être compris et adopté par tous, il nous permettra de partager une vision commune et claire, facilitant l’échange permanent entre les différents intervenants. De plus, la maîtrise et la sécurisation des délais seront accrues, grâce notamment au traitement collaboratif des problèmes et aléas de chantier.

Q: Est-ce que ça marche ? Quels sont les résultats obtenus ?

R : La démarche est dans l’ensemble très satisfaisante. Dans un premier temps nous constatons une meilleure communication et cohésion au sein de l’ensemble des entreprises sous-traitantes. Elles sont davantage intégrées au processus décisionnel de planification, ce qui d’une manière générale tend à hausser le niveau d’implication de toutes les entreprises. Ensuite, nous constatons que grâce au déploiement du planning collaboratif sur le chantier, le niveau de coordination entre tous les corps d’états a considérablement augmenté. Les entreprises sont plus efficaces et le conducteur de travaux suit plus facilement le niveau d’avancement des travaux.Enfin, en matière de délais, il nous permet de sécuriser le planning et de livrer le chantier en temps et en heure ! Pour atteindre ce résultat, la présence de tous aux réunions hebdomadaires de planification reste primordiale.

Q : Que conseillez-vous à ceux qui veulent la mettre en place ?

R : L’axe principal de la démarche est la participation collaborative. Chaque entreprise doit pouvoir donner son opinion, ses besoins, son point de vue. L’animateur de la démarche doit ainsi pouvoir prendre suffisamment de recul pour pouvoir se placer dans une position neutre ou de médiateur. J’invite donc tous ceux qui souhaitent mettre en place cette démarche, à l’aborder et l’animer avec un œil extérieur. Comme lors de tout changement organisationnel, l’arrivée de cette nouvelle démarche pourra freiner quelques personnes. Il faudra alors faire preuve de patience et de pédagogie pour arriver à inverser leur opinion. Enfin, ne vous focalisez pas uniquement sur les indicateurs, mais surtout à l’adhésion de tous les participants à la démarche. Car c’est grâce à celle-ci que vous réussirez à la pérenniser.

Très connu sur les chantiers de travaux publics, le planning Chemin de Fer commence depuis quelques années à se faire une place dans la base vie des chantiers de bâtiment . Voici 3 raisons qui expliquent son succès :

1/ Une création collaborative :

Contrairement au diagramme de Gantt qui n’est malheureusement souvent compris que par celui qui le crée , le planning Chemin de Fer est la conclusion d’ateliers de travail avec les acteurs du projet qui imaginent ensemble la succession idéale des travaux à réaliser. Il en résulte un planning plus proche de la réalité car les besoins de chacun ont été pris en compte et une appropriation plus rapide du planning par les entreprises.

2/ Un planning visuel :

Le planning Chemin de Fer se différencie de son cousin le diagramme de Gantt par son aspect visuel . En effet , la couleur est un paramètre important puisqu’elle représente une entreprise . Ensuite la dimension géographique du chantier est intégrée (raison pour laquelle il est aussi appelé planning géo temporel) dans le planning ce qui donne cet effet d’escalier De cette façon, on voit instantanément Qui travaille Où, pendant Combien de temps et de qui il dépend.

3/ La visualisation du rythme :

Nous constatons souvent des retards sur chantier dus à une mauvaise coordination des interventions . La cause principale est que les intervenants ne travaillent pas au même rythme ni le même besoin en surface. En créant des séquences de travail que l’on va répéter autant qu’il y a de zones, les tâches plus longues (appelées goulots d’étranglement) vont se démarquer en créant de l’attente autour d’elles . Il sera alors facile de:
● décaler au plus tard les tâches dépendantes afin de ne pas créer de discontinuité dans la charge des équipes.
● travailler avec l’entreprise pour diminuer la durée de sa tâche ou intégrer une équipe supplémentaire pour revenir dans le rythme.